Saltar al contenido

Marie Lautier – Voyageuse au long cours

Oui, aussi surprenant que cela puisse paraître à un habitué des randonnées chamelières qui pensera illico qu’avoir un chameau “à ses basques” , c’est plutôt encombrant !

C’est en partie vrai : même si la bête est docile, elle ne peut aller partout … Mais … le chameau ne nous suit pas systématiquement : généralement, lorsque je marche, le chameau reste dans la caravane, attaché aux montures des chameliers. Et c’est ce qui arrive lors de chacune de mes méharées : je monte à chameau pas plus de 3 à 4 heures par jour et souvent encore moins … cela dépend de l’étape …. il y a même des jours où je marche durant toute la journée, laissant mon sac à dos, accroché à la selle et ne gardant sur moi, dans un petit sac, que le stricte nécessaire : à midi et le soir , je retrouve la caravane. Les jours où les étapes sont très longues c’est quand même bien reposant de finir les derniers kilomètres (quelquefois de nuit ) mais en selle !

Quand la monture et le cavalier s’entendent bien, que la selle est confortable aussi bien pour l’un que pour l’autre, c’est un vrai plaisir de cheminer au rythme régulier de la caravane ! Comme le terrain est facile, et “haut perchée”, j’ai tout loisir de me laisser aller à l’observation des environs : la fuite d’une gazelle ou d’un fennec, des tombeaux à antenne ou en trou de serrure tracés en pierres sur le versant d’une montagne… Pour moi, le plaisir du voyage dans le désert, n’est pas tant le côté sportif des longues étapes : de la marche … pour marcher ! C’est plutôt la découverte, les changements de paysages, et de lieux : les villages et les campements, les arrêts aux puits, et la vie de la caravane. De chaque méharée, je me souviens des puits, de ceux qui sont ensablés et qu’il a fallu remettre en état … de ceux autour desquels les femmes viennent chercher de l’eau … de ceux près desquels le bivouac a été établi à midi pour faire boire et manger les chameaux …

J’ai aussi gardé en mémoire l’arrivée devant des lieux justement connus par leur beauté : des montagnes que je voyais de loin, que je connaissais déjà quelquefois; ces arrivées en caravane, et en selle devant la Garet el Djenoun, devant les aiguilles de Youf y Aket, au bord de la mer, au Banc d’Arguin … la traversée Tagrera à dos de chameau … leur souvenir reste encore en moi comme une émotion très forte.

Par Anne Marie Lautier – Voyageuse au long cours